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Mara du Mont Blanc : définition et caractéristiques

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L’article en bref

Le Marathon du Mont-Blanc, créé en 1979, est devenu l’une des plus grandes courses de trail mondiales.

  • Une course historique : fondée par Georges Costaz et Christian Roussel, l’événement existe depuis 1979 et s’est progressivement structuré avec l’ajout d’un 80 km ultra-trail et d’un kilomètre vertical
  • Un parcours exigeant : le 42 km affiche 2 500 m de dénivelé positif, avec l’ascension technique de l’aiguille des Posettes à 15,95 % de pente moyenne
  • Des performances légendaires : Kilian Jornet détient le record avec 3h30, tandis que l’événement accueille régulièrement les championnats du monde de skyrunning
  • Une mobilisation massive : 10 000 à 11 000 coureurs de 80 pays et plus de 500 bénévoles font de cet événement une véritable fête de montagne

Chaque année, des dizaines de milliers de coureurs et de passionnés convergent vers Chamonix pour un rendez-vous devenu mythique dans l’univers du trail. Je me souviens de la première fois où j’ai entendu parler du Marathon du Mont-Blanc : c’était autour d’un feu de camp après une sortie longue, et un vieux briscard de la montagne m’avait dit « c’est là-haut que tu vois qui tu es vraiment ». Depuis 1979, cette épreuve ne cesse de faire parler d’elle, et pour cause. Mais au fait, qu’est-ce que la Mara du Mont Blanc exactement ? On fait le point ensemble.

La Mara du Mont-Blanc : une course née d’une passion alpine

Tout commence le 1er juillet 1979, sous l’impulsion de Georges Costaz, alors président du Club alpin français, et de Christian Roussel, alpiniste et coureur dans l’âme. Leur idée ? Créer un cross du Mont-Blanc. Stefan Solèr, Suisse, et Annick Laurent, Française, remportent cette première édition historique. L’événement intègre immédiatement le calendrier de la Coupe internationale de la montagne (CIME).

Le Club des Sports de Chamonix, association à but non lucratif fondée en 1905, reprend l’organisation et structure peu à peu l’événement. Aujourd’hui, ce club compte 3 200 licenciés, 65 entraîneurs répartis dans 28 sections, et une équipe de 12 salariés permanents. C’est un authentique machine bien huilée.

En 2003, Julien Patty, alors directeur du Club des Sports de Chamonix, relance l’attractivité de l’événement. Il s’inspire du marathon de la Jungfrau pour élaborer un vrai marathon de montagne. Une boucle de 17 kilomètres s’ajoute au cross, puis un 10 kilomètres complète l’offre. Éric Lacroix et Evelyne Mura signent les premières victoires sur ce nouveau format marathon.

Un programme qui s’étoffe année après année

En 2011, un kilomètre vertical fait son apparition, couru sous la télécabine de Planpraz sur 3,5 kilomètres de parcours. Deux ans plus tard, en 2013, un 80 km ultra-trail très technique rejoint le programme — l’ancêtre de l’actuel 90 km, qui annonce fièrement 91 km pour 6 220 m de dénivelé positif depuis 2018. Le marathon et le kilomètre vertical intègrent alors la Skyrunner World Series.

Les championnats internationaux dans l’histoire

En 2014, Chamonix accueille les Championnats du monde de skyrunning, organisés par la Fédération internationale de skyrunning. Kilian Jornet décroche deux médailles d’or sur le kilomètre vertical et le SkyMarathon (42 km). Elisa Desco devient championne du monde sur ce même SkyMarathon, tandis que Luis Alberto Hernando et Emelie Forsberg s’imposent sur l’Ultra SkyMarathon de 80 km. En 1995, Isabelle Guillot avait déjà marqué les esprits en décrochant son septième titre consécutif lors des championnats de France de course en montagne. En 2018, le marathon rejoint la Golden Trail Series. Du beau monde, vous en conviendrez.

Les records qui font rêver

Depuis 2013, Kilian Jornet détient le record du marathon avec un temps de 3 h 30. Chez les femmes, Stevie Kremer a signé 4 h 3 la même année. Ces chronos, je vous le dis franchement, laissent sans voix quand on sait ce que représente le dénivelé du parcours.

Le parcours du 42 km : un tracé qui ne pardonne pas

Le marathon prend son départ à Chamonix, à 1 035 mètres d’altitude. Les premiers 6 km grimpent irrégulièrement vers le hameau de Lavancher (1 248 m). Le parcours traverse ensuite le col des Montets (1 461 m), entre Argentière et Vallorcine (1 260 m). Rien d’insurmontable jusque-là, mais attention à la suite.

La principale difficulté du parcours reste l’ascension de l’aiguille des Posettes, point culminant à 2 201 mètres. Cinq virgule neuf kilomètres à 15,95 % de pente moyenne. En clair : les jambes brûlent. Par mauvaise météo, un itinéraire de repli passe par le col des Posettes (1 997 m). Avant le final, les coureurs s’attaquent au refuge de la Flégère (1 877 m), avant de finir à la télécabine de Planpraz, vers 2 000 mètres d’altitude.

Le dénivelé total du marathon s’élève à environ 2 500 mètres positifs sur 42 km. Pour vous donner une idée, c’est un peu comme enchaîner plusieurs fois le kilomètre vertical de Tende, une course en moyenne montagne qui donne déjà du fil à retordre aux habitués. Autant dire qu’il faut être bien préparé.

Point du parcours Kilomètre Barrière horaire (après départ dernière vague)
Ravitaillement du Tour 13,5 km + 2h45
Ravitaillement de Vallorcine 23,5 km + 5h30
Ravitaillement de la Flégère 34,2 km + 8h30
Arrivée à Chamonix 42 km + 10h00 maximum

S’inscrire et participer : ce qu’il faut absolument savoir

L’édition 2026 se déroule du 25 au 28 juin à Chamonix. Le 28 juin 2026, les élites femmes s’élancent à 6h45, les hommes à 7h15, avec des premières arrivées prévues à 10h45. Le retrait des dossards du 42 km se fait sur rendez-vous à l’espace EMC2, Place du Mont-Blanc, les 25, 26 et 27 juin 2026, de 9h à 21h. Sans pièce d’identité ni matériel complet, pas de dossard. C’est dit clairement par les organisateurs, et c’est tout à fait normal pour un événement de cette envergure.

Le matériel obligatoire comprend notamment :

  • Un téléphone portable en état de fonctionnement
  • Une réserve d’eau d’au minimum 0,50 litre
  • Une veste imperméable avec capuche adaptée à sa taille
  • Une couverture de survie de 140 cm x 200 cm
  • Un gobelet, un sifflet et de l’argent liquide

Chaque année, l’événement réunit entre 10 000 et 11 000 coureurs venus de plus de 80 pays, accompagnés de quelque 30 000 proches. Plus de 500 bénévoles veillent sur les 8 courses proposées, répartis sur 22 points de ravitaillement. Ce n’est pas une course, c’est une fête populaire de haute altitude. (Et non, je ne parle pas d’une marmotte qui court — même si ça m’aurait bien fait rire aussi.)

Bien se préparer pour aborder la Mara du Mont-Blanc sereinement

Participer au Marathon du Mont-Blanc, ça ne s’improvise pas, surtout quand on débute ou qu’on a quelques années bien vécues dans les jambes. Je conseille toujours de travailler spécifiquement la montée, en intégrant des sorties avec du dénivelé progressif plusieurs mois à l’avance.

Pour préparer vos itinéraires d’entraînement et visualiser les traces des parcours, deux ressources sont particulièrement utiles : (course%C3%A0pied) » target= »_blank »>wiki trail offre une bonne base théorique sur la discipline.

La montée vers l’aiguille des Posettes, avec ses 15,95 % de pente sur près de 6 km, exige une vraie préparation musculaire. Travailler la descente est tout aussi important : les genoux encaissent beaucoup sur ce type de parcours. Hydratation, gestion de l’effort, connaissance du matériel obligatoire — tout cela s’apprend et se répète à l’entraînement. Le jour J, vous serez reconnaissant de l’avoir fait.

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