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Kilomètre vertical : définition et calcul

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L’article en bref

Le kilomètre vertical est une course de montagne intense et chronométrée, combinant 1000 m de dénivelé sur 2 à 5 km maximum, accessible en moins d’une heure.

  • Format réglementaire : dénivelé fixe de 1000 m (±15%), distance variable selon la pente, pente idéale autour de 60%
  • Intensité maximale : effort équivalent à un 10 km route avec 80-90% de fréquence cardiaque de réserve, sans impact articulaire excessif
  • Technique variée : alternance entre petites foulées, marche semi-fléchie et marche quadrupédique selon la pente
  • Entraînement spécifique : intervalles verticaux, renforcement musculaire et travail du haut du corps pour les bâtons
  • Ambiance conviviale : petits pelotons (40-120 coureurs), solidarité entre participants et esprit festif unique aux courses verticales

Imaginez monter 1000 mètres de dénivelé le plus vite possible, sans jamais redescendre d’un seul pas. C’est exactement ce que propose le kilomètre vertical — une montée pure, intense, chronométrée, qui met le corps à rude épreuve sur quelques kilomètres seulement. Loin des ultras qui durent des jours, le KV se termine en moins d’une heure pour la plupart des participants. Une discipline courte, brûlante, et franchement addictive.

Le kilomètre vertical : définition et caractéristiques officielles

Ce que dit la réglementation

Un kilomètre vertical, c’est une course de montagne avec un dénivelé positif de 1000 mètres, à plus ou moins 15% selon la FFA (Fédération Française d’Athlétisme). La distance maximale autorisée est de 5,5 km. En utile, les tracés mesurent entre 2,5 et 4,5 km. Pas question de faire des détours : on cherche le chemin le plus direct vers le sommet.

Le paradoxe du KV est là : seul le dénivelé est fixe, pas la distance. Une pente douce allonge le parcours mais permet de courir plus vite. Une pente très raide raccourcit la distance mais ralentit considérablement la progression. La pente idéale tourne autour de 60%, ce qui correspond précisément au profil du kilomètre vertical de Tende, une course en moyenne montagne qui illustre parfaitement ce format.

Les références mondiales

Le KV de Fully, en Suisse, est le plus express du monde. Son tracé de 1,9 km affiche une pente moyenne de 61,7%. Le départ se fait à 500 m d’altitude, l’arrivée à 1500 m, entre la Belle-Usine de Fully et les Garettes. Rectiligne, homogène, jalonné tous les 100 m de dénivelé : c’est un vrai laboratoire de la performance.

C’est là que Philip Götsch a établi le record du monde masculin en 28 minutes 53 secondes en 2017. En 2025, Rémi Bonnet a pulvérisé ce chrono avec 27 minutes 21 secondes, empochant une prime de 3000 francs. Côté féminin, Axelle Mollaret détient le record officiel avec 32 minutes 52 secondes établi en 2025, année où Axelle Gachet a aussi battu le précédent record féminin. À titre de comparaison, le KV du Grand Serre est le plus court du monde avec 1,8 km de tracé.

Formats et variantes

Tous les KV ne font pas exactement 1000 m. Certains proposent 800 ou 900 m, d’autres seulement 300 à 500 m — on parle alors plutôt de courses de côtes. Il existe aussi des formats étendus : le K3 cumule 3000 m de dénivelé positif. La première édition a eu lieu en 2014 à Suze en Italie, remportée en 2h06, soit une vitesse de montée proche de 1500 m/h. Le triple KV de Susa (Italie) propose quant à lui 3000 m de D+ sur 9,7 km.

Course Distance D+ Particularité
KV de Fully 1,9 km 1000 m Le plus express du monde
KV du Grand Serre 1,8 km 1000 m Le plus court du monde
KV de Chamonix 3,8 km 1000 m Tracé sinueux, peu propice aux records
Triple KV de Susa 9,7 km 3000 m Format extrême

Quel type d’effort pour un kilomètre vertical ?

Une intensité proche du 10 km route

Ne vous y trompez pas : le KV, c’est du costaud. L’intensité d’effort correspond à celle d’un 10 km sur route. Les meilleures performances durent environ 30 minutes chez les hommes, 41 minutes chez les femmes. L’analyse des fréquences cardiaques révèle une utilisation de 80 à 90% de la fréquence cardiaque de réserve. Le seuil anaérobie dépasse 85%, voire 90% chez certains athlètes. Autant dire qu’on ne bavarde pas beaucoup en course !

Au-delà de 20% de pente, l’énergie élastique de renvoi disparaît totalement. Exit le rebond naturel de la foulée : c’est la puissance musculaire qui prend le relais. Le KV sollicite tout le corps, en particulier si vous courez avec des bâtons — leur utilisation augmente la consommation d’oxygène de 6% à effort perçu identique. Pectoraux, trapèzes, dorsaux : rien n’est épargné.

La technique de déplacement, souvent sous-estimée

Sur les parties moins pentues, on court à petites foulées, sur l’avant du pied. Puis viennent la marche semi-fléchie avec appuis des mains sur les cuisses, la marche quadrupédique, ou encore la marche à l’amble avec bâtons. La coordination bras-jambes demande de l’entraînement. Ce n’est pas naturel. Et c’est exactement pour ça que c’est fun. (Blague à part, la première fois qu’on essaie la marche quadrupédique sur une pente à 60%, on se demande ce qu’on fait là…)

Moins traumatisant qu’il n’y paraît

Bonne nouvelle pour les genoux : le KV ne pose pas les mêmes risques que le trail avec descente. En montée, les fibres contractiles travaillent dans le même sens que les tendons et les membranes. Résultat : un renforcement musculaire efficace et bienveillant. Pas de freinage excentrique, pas de microlésions, pas d’impacts articulaires violents. Pour les coureurs qui cherchent de l’intensité sans abîmer leurs articulations, c’est une aubaine.

Comment préparer et courir un kilomètre vertical

L’entraînement spécifique

Pour bien aborder cette discipline, je vous conseille de travailler principalement en intervalles verticaux. On remplace les distances habituelles par des versions en dénivelé — 10 x 100 m D+, 3 x 400 m D+. Le vélo est un excellent complément pour travailler le seuil et la puissance. L’hiver, le ski de randonnée est particulièrement transférable. Pour aller plus loin sur la montée en puissance, jetez un œil au guide sur l’entraînement au dénivelé positif et travail des côtes.

Le renforcement musculaire est indispensable. Voici les piliers d’une préparation équilibrée :

  1. Cardio varié 3 fois par semaine (course, vélo, natation)
  2. Renforcement bas du corps et gainage abdominal 2 fois par semaine
  3. Travail spécifique du haut du corps si vous utilisez des bâtons (fentes combinées à des tirages verticaux)

Gérer son effort le jour J

La régularité d’allure est la clé. Un départ trop rapide provoque une explosion vers la vingtième minute. Les départs s’effectuent en contre-la-montre ou en ligne, avec des intervalles de 15, 20 ou 30 secondes entre les coureurs. Les pelotons restent modestes — entre 40 et 80 participants habituellement, jusqu’à 120 maximum. Aux championnats de France 2018 à Saint-Lary, on comptait 137 participants et 45 en catégorie Open.

L’ambiance unique des courses de KV

L’après-course, c’est souvent aussi mémorable que la course elle-même. Au KV de Fully, la habituelle lasagne party qui suit la compétition est aussi célèbre que le parcours. Les coureurs qui redescendent encouragent ceux qui finissent de monter — j’adore cet esprit de solidarité qu’on ne retrouve nulle part ailleurs. L’ambiance est toujours conviviale, bien loin de la tension d’un départ de marathon.

Pour trouver des parcours près de chez vous et préparer vos sorties, (course%C3%A0pied) » target= »_blank »>wiki trail offre une bonne base de référence.

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