L’article en bref
Le lac de la Muta, situé à 1 796 mètres en Italie du Nord, fascine par son histoire et sa beauté alpine exceptionnelle.
- Lac artificiel créé en 1950 par la fusion de deux lacs naturels, engloutissant le village médiéval de Curon
- Surface de 6,8 km² avec un clocher du XIVe siècle émergent de l’eau, devenu symbole iconique du site
- Destination touristique majeure du Tyrol du Sud accueillant plusieurs centaines de milliers de visiteurs annuels
- Écosystème alpin riche protégé par le Parc du Stelvio, offrant randonnées et trail variés autour de ses berges
- Environnement pur et sauvage avec faune alpine (marmottes, chamois) et paysages montagneux spectaculaires
À 1 796 mètres d’altitude, niché entre l’Italie et la Suisse, le lac de la Muta surprend toujours ceux qui le découvrent pour la première fois. Je me souviens de ma propre montée : les jambes qui chauffent, le souffle qui se raccourcit, et puis soudain, cette étendue d’eau turquoise qui apparaît. Un choc visuel. Pas étonnant que ce site attire chaque année des milliers de randonneurs et de traileurs venus chercher quelque chose de plus qu’un basique point GPS sur une carte.
Qu’est-ce que le lac de la Muta : définition et localisation
Le lac de la Muta, appelé Haidersee en allemand, est un lac de montagne situé dans le Val Venosta, en Italie du Nord, dans la région du Tyrol du Sud (Trentin-Haut-Adige). Il se trouve à proximité du village de Curon Venosta, à quelques kilomètres seulement de la frontière suisse. C’est un point de départ idéal si vous venez depuis le col du Resia, qui culmine à 1 504 mètres.
Géographiquement, le lac s’étend sur environ 6,8 km² de surface. Ses rives sont accessibles facilement, ce qui en fait un site apprécié aussi bien des familles que des sportifs aguerris. Pour ma part, je l’intègre souvent comme point de départ ou d’arrivée dans mes boucles de trail, car le sentier qui longe ses berges offre une belle variété de terrains.
Une origine artificielle, une beauté naturelle
Voilà quelque chose qui étonne souvent : ce lac est artificiel. Il résulte de la fusion de deux anciens lacs naturels, le lac de Resia et le lac de Curon, après la construction d’un barrage hydroélectrique achevée en 1950. Cette retenue d’eau a englouti le village médiéval de Curon Venosta, dont seul le clocher du XIVe siècle dépasse encore de la surface de l’eau.
Ce clocher immergé est devenu l’image emblématique du site. En hiver, quand le lac gèle, il est possible de marcher jusqu’à lui sur la glace. Une expérience que je ne vous recommande qu’avec prudence, mais qui reste gravée dans la mémoire. La beauté d’un lieu tient parfois à son histoire tragique.
Les dimensions et caractéristiques du plan d’eau
| Caractéristique | Donnée |
|---|---|
| Altitude | 1 496 mètres |
| Surface | 6,8 km² |
| Profondeur maximale | environ 20 mètres |
| Longueur du tour à pied | environ 15 km |
| Région | Tyrol du Sud, Italie |
Le plan d’eau est alimenté par le fleuve Adige et ses affluents de montagne. La couleur de l’eau varie selon les saisons : d’un bleu profond en été, elle devient presque verte au printemps. Ces variations chromatiques rendent chaque visite unique, et je vous assure que même après plusieurs passages, on ne s’en lasse pas.
Un environnement alpin exceptionnel
Le lac de la Muta se trouve au cœur d’un paysage de haute montagne dominé par les Alpes de l’Ötztal au nord et les Alpes de l’Ortler au sud. Les prairies alpines, les forêts de conifères et les sommets enneigés en font un écosystème riche. On y observe régulièrement des marmottes, des chamois et une avifaune variée.
L’air y est d’une pureté remarquable. Pour un traileur habitué à enchaîner les dénivelés, c’est aussi une bonne base d’entraînement en altitude. D’ailleurs, si vous mesurez votre effort en sensations plutôt qu’en kilomètres, ce lac vous donnera matière à réflexion à chaque visite.
Visiter le lac de la Muta : informations pratiques et intérêt touristique
Le site accueille chaque année plusieurs centaines de milliers de visiteurs. Ce n’est pas un lac confidentiel : il figure parmi les destinations naturelles les plus photographiées du Tyrol du Sud. Pourtant, avec un bon timing (tôt le matin ou hors saison), on peut profiter des lieux dans une tranquillité presque totale.
Comment accéder au lac et s’y déplacer
Depuis Milan, comptez environ 3 heures de route. Depuis Innsbruck, c’est un peu plus d’une heure. Le village de Curon Venosta dispose d’un parking gratuit en dehors de la haute saison, et payant en juillet-août (environ 3 à 5 euros la journée). Une navette gratuite circule en été depuis le parking principal jusqu’aux rives.
Pour les amateurs de trail, voici les principales options de parcours autour du lac :
- Le tour exhaustif du lac (15 km, dénivelé faible, idéal pour débuter)
- La montée vers le refuge Sesvenna (dénivelé de 900 m, pour les plus aguerris)
- La traversée vers le Val Müstair côté suisse, accessible depuis le col du Resia
Ces options s’adaptent à différents niveaux. Blague de traileur : on dit souvent que le tour du lac est « plat ». Oui, mais seulement si on ignore les 200 mètres de dénivelé cumulé sur les parties rocheuses au nord. Chacun son « plat » !
Importance écologique et protections environnementales
Le lac et ses abords bénéficient d’une protection partielle dans le cadre du Parc naturel du Stelvio (Parco Nazionale dello Stelvio), l’un des plus grands parcs alpins d’Europe avec ses 130 000 hectares. Cette protection limite les constructions en bordure immédiate du lac et préserve les corridors écologiques essentiels à la faune locale.
L’équilibre fragile entre fréquentation touristique et préservation naturelle est un enjeu constant pour les gestionnaires du site. Des initiatives locales encouragent la venue à vélo ou en transport en commun, réduisant ainsi la pression sur les parkings et les sentiers.
Le clocher immergé : symbole et attraction incontournable
On ne peut pas parler du lac de la Muta sans insister sur ce clocher. Il appartient à l’ancienne église paroissiale de Curon, construite au XIVe siècle et noyée en 1950. Depuis 2021, la tour a été partiellement restaurée et ouverte au public l’été. Une passerelle permet même d’y accéder à pied depuis la rive, offrant une vue imprenable sur le lac et les massifs environnants.
Ce lieu mêle histoire, patrimoine et nature d’une façon assez rare. Pour un traileur comme moi, c’est exactement le genre d’endroit qui donne du sens à l’effort : on court, on grimpe, et quelque part dans le paysage, il y a une histoire qui attend d’être découverte.
Sources : (course%C3%A0pied) » target= »_blank » rel= »nofollow »>wiki trail